Après l’intelligence émotionnelle, voici la «médecine des émotions».
En moins de vingt ans, les neurosciences et la psychologie ont connu un bouleversement radical. Notre cerveau «émotionnel» est bien plus que le vestige encombrant de notre passé animal: maître de notre corps et de nos passions, il est la source même de notre identité, des valeurs qui donnent un sens à notre vie. Qu’il se dérègle un tant soit peu, et celle-ci part en lambeaux…David Servan-Schreiber nous convie ici à la découverte des conséquences pratiques de cette révolution : une nouvelle médecine des émotions sans médicaments ni psychothérapies interminables. Mêlant étroitement son expérience clinique et ses compétences de chercheur, il a choisi de présenter sept méthodes particulièrement efficaces, dont certaines entièrement inconnues du public français: intégration neuro-émotionnelle par les mouvements oculaires (EMDR), régulation du rythme cardiaque pour contrôler les émotions, synchronisation des horloges biologiques, acupuncture, exercice physique, apport d’acides gras «oméga-3», techniques de «communication affective».Sept voies permettant à chacun de reprendre en main les rênes de sa propre vie, et de ne plus être un étranger pour soi – ni pour les autres…Le succès de ce livre est prodigieux : plus de 570 000 exemplaires vendus, et plus de 60 semaines de présence ininterrompue dans la liste des meilleures ventes de «L’Express»…

A propos de l’auteur :

David Servan-Schreiber, né le 21 avril 1961 à Neuilly-sur-Seine et mort le 24 juillet 2011 à Fécamp, est un médecin et docteur ès sciences français. Il fut chargé de cours à l’université de Lyon I, et enseigna comme professeur de psychiatrie clinique à l’université de Pittsburgh. En 2003, le grand public découvre le chercheur avec la publication de son livre Guérir.

David Servan-Schreiber est issu d’une famille française célèbre. Il est le fils aîné de Jean-Jacques Servan-Schreiber et de Sabine Becq de Fouquières. Il a trois frères : Franklin, Émile et Édouard.

Il commence ses études de médecine à la faculté Necker-Enfants malades, à Paris, en 1978 et les termine au Québec, à l’université Laval, en 1984. Il poursuit ensuite des études de spécialisation en médecine interne et en psychiatrie à l’hôpital Royal Victoria de Montréal (université McGill).

Plus tard, David Servan-Schreiber rejoint ses trois frères à l’université Carnegie-Mellon de Pittsburgh. Cette université a des activités de recherche en cybernétique et en sciences neuro-cognitives.

Les recherches auxquelles David Servan-Schreiber contribue se concentrent sur des applications informatiques en médecine, ainsi que la simulation sur ordinateur des réseaux de neurones qui modulent les états émotionnels. Il crée en 1988 avec Jonathan Cohen un laboratoire de neurosciences cognitives cliniques, qu’il codirigera jusqu’en 1997.

Il obtient un des premiers doctorats américains de neurosciences cognitives en 1990 avec une thèse sur « les mécanismes neurobiologiques de la pensée et des émotions » sous l’égide du prix Nobel Herbert Simon.

Les principaux résultats de sa thèse sont publiés dans le magazine de référence Science sur la simulation de l’influence des émotions sur les processus cognitifs au niveau neuronal4.

De 1990 à 1993, David Servan-Schreiber devient interne en psychiatrie clinique à l’Institut psychiatrique de Pittsburgh.

David Servan-Schreiber reprend partiellement l’exercice de sa profession en France en 2002. Il fonde et dirige l’Institut français d’EMDR, ainsi que l’association regroupant les praticiens français de cette méthode de psychothérapie (EMDR-France). Il se lance dans l’écriture d’un livre sur ses différents travaux en médecine complémentaire appliqués à la psychiatrie.

Il rédige des chroniques journalistiques dans la revue Psychologies magazine. Il publie un ouvrage de synthèse sur les différentes recherches qu’il a publiées au cours de sa carrière universitaire, et dont certains résultats furent soit validés soit contestés par d’autres chercheurs :

cohérence cardiaque
EMDR : « Désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires » est une psychothérapie efficace dans le traitement du syndrome de stress post-traumatique ;
thérapie par la lumière et simulation de l’aube ;
acupuncture ;
nutrition : oméga-3 ;
exercice physique ;
communication émotionnelle.

Diverses études scientifiques, comme la méta-analyse de 2007 de Lin8, ont confirmé l’efficacité des oméga-3 dans le traitement de la dépression. Quant à la thérapie EMDR, qu’il a introduite en France, David Servan-Schreiber la présente comme un des seuls traitements ayant prouvé son efficacité dans le traitement des syndromes de stress post-traumatique, en s’appuyant notamment sur une étude de l’Inserm9. Cette étude, dénoncée par les psychanalystes comme une « machine de guerre » visant à disqualifier leur discipline, fut désavouée par le ministre de la Santé de l’époque, Philippe Douste-Blazy, qui déclara : « le premier devoir d’une société est de reconnaître qu’il n’existe pas une seule réponse à la souffrance psychique. » L’étude de l’Inserm fut ensuite retirée du site Internet du ministère de la Santé. Ce retrait a été violemment critiqué par les communautés scientifiques françaises et internationales de psychiatrie et de neurosciences.

En 2008, une étude de l’université Harvard a confirmé qu’une méthode de relaxation très proche de la cohérence cardiaque induit une modification de l’expression des gènes qui agissent à la fois sur le corps et sur le cerveau et favorisent l’homéostasie10.

À la suite de la publication de son livre Guérir, la demande en gélules à base d’oméga-3 a énormément augmenté. Considérant que le marché français ne proposait pas de gélules d’une qualité suffisante, David Servan-Schreiber a contribué à la formation d’une société commerciale dont il a créé et dirigé le conseil scientifique, et été actionnaire de juillet 2003 à juillet 2007, ce qui lui valut des critiques sur un lien supposé entre les deux événements.

Vendu à 1,3 million d’exemplaires et traduit en 28 langues, Guérir a connu un succès international.

Le best-seller Anticancer

Mais David Servan-Schreiber, engagé dans la recherche anti cancer, révèle qu’il est lui-même atteint de ce mal dans un second ouvrage, Anticancer, traduit par la suite en quarante langues et vendu dans le monde à plus d’un million d’exemplaires, où il parle de sa propre expérience de malade. Soigné initialement par les méthodes les plus classiques de la chirurgie, de la chimiothérapie et de la radiothérapie, il évoque l’importance, essentielle d’après lui, des défenses naturelles du corps dans la défense contre le cancer en complément des traitements conventionnels. Il décrit les changements de style de vie qui contribuent à prévenir la maladie ou à suppléer aux traitements conventionnels pour ralentir son évolution et participer à la guérison. Le livre est un best-seller en France, en Belgique (en français et en néerlandais), en Suisse (en français et en allemand), au Canada (en français et en anglais), en Allemagne, en Espagne, en Italie, aux Pays-Bas, en Pologne, en Israël, au Brésil et surtout aux États-Unis, où il figure sur la liste du New York Times seulement dix jours après sa publication en septembre 2008, puis du Los Angeles Times un an plus tard.
Engagements humanitaires

En 1991, alors qu’il lutte contre le cancer, David Servan-Schreiber se rend en Irak avec Médecins sans frontières en tant que médecin et pédiatre volontaire. Il participe à la fondation de Médecins sans frontières USA, dont il sera membre du conseil d’administration de 1991 à 2000. Il ira ensuite au Guatemala en 1996, en Inde à Dharamsala en 1997, au Tadjikistan en 1998 et au Kosovo en 1999. Il participe à l’organisation de services d’urgence médico-psychologiques adaptés à la prise en charge des syndromes de stress post-traumatique affectant tant les civils que les soignants sur le terrain. Il partage cet engagement avec David Lynch11, avec lequel il s’entretient en avril 2010 à propos de la Méditation transcendantale12.

Luttant contre la maladie, ce dont il parle dans son livre, il continue l’exercice de sa profession et de ses recherches. En juin 2008, il lance avec divers scientifiques un appel concernant les téléphones portables en suggérant la prudence sur ce sujet et en préconisant — entre autres — l’utilisation du kit mains libres13. Cet appel a été largement repris, notamment aux États-Unis, où il a été à l’origine d’une audience à la Chambre des représentants sur le sujet en septembre 2008, puis à une conférence scientifique sur ce thème sous l’égide du sénateur Arlen Specter (Pennsylvanie) en septembre 2009.

Mais la maladie aura le dernier mot et David Servan-Schreiber meurt en 2011 d’une tumeur au cerveau. Il repose au cimetière de Veulettes-sur-Mer (76).